La revanche des nuls en orthographe

Notes de lecture de l’ouvrage « La revanche des nuls en orthographe » de Anne-Marie Gaignard et Gaëlle Rolin (2012, Calmann-Levy). Edition 2013 au Livre de Poche.

Anne-Marie Gaignard est l’auteur de la méthode d’apprentissage de la grammaire et de l’orthographe « HUGO et les rois » qu’elle a développée, adulte, à partir de sa propre expérience de « nulle en orthographe ». Continue reading

L’apprentissage perceptif comme remédiation et prévention de la dyslexie

D’après Perceptual learning as a possible new approach for remediation and prevention of developmental dyslexia (GORI & FACOETTI, 2013)

Résumé libre de l’article

Sommaire

Environ 10% des enfants sont affectés de dyslexie développementale. La conception dominante est qu’il s’agit d’un déficit de traitement auditivo-phonologique. Cependant l’étude développementale et clinique de la vision accumule des preuves qui suggèrent que le déficit d’intégration multimodale lettres-paroles pourrait résulter d’un développement atypique de la voie dorsale-magnocellulaire qui comprend aussi le principal réseau d’attention fronto-pariétal.

Pour que l’intégration lettres-paroles puisse s’effectuer, il faut que les lettres pertinentes soient isolées parmi les lettres non pertinentes environnantes. Ce qui nécessite une orientation rapide de l’attention visuelle.

Cet article est une revue de littérature sur le rôle possible de l’apprentissage perceptif en remédiation de la dyslexie.

En s’appuyant sur des études précédentes qui montrent que l’apprentissage perceptif peut améliorer des habiletés visuelles particulières, nous proposons de l’utiliser pour améliorer les fonctions visuelles déficitaires dans la dyslexie, en particulier celles liées à une dysfonction précoce de la voie magnocellulaire-dorsale et de de l’attention visuelle.

Les déficits d’attention visuelle qui sont causalement [dans quel sens ?]  liés à la dyslexie pourraient ainsi être réduits.

Cette nouvelle approche qui n’inclut aucun entrainement phonologique ou orthographique pourrait aussi être utilisée en prévention avec des enfants à risque de dyslexie.

 

Rôle de la voie dorsale-magnocellulaire dans la dyslexie

D’après The DCDC2 Intron 2 Deletion Impairs Illusory Motion Perception Unveiling the Selective Role of Magnocellular-Dorsal Stream in Reading (Dis)ability (GORI et coll., 2014)

La délétion de l’intron 2 DCDC2 atteint la perception des illusions de mouvement, révélant le rôle sélectif de la voie dorsale-magnocellulaire dans la lecture et ses déficiences.

Résumé libre du sommaire de l’article

La dyslexie développementale (DD) est un trouble neurodéveloppemental transmissible qui pourrait résulter d’un déficit d’intégration visuelle, auditive et multimodale. Une délétion dans l’intron 2 du gène DCDC2 (nommée DCDC2d) augmente le risque de DD et autres phénotypes en relation. Dans cette étude, nous observons que la perception des illusions de mouvement – qui sont spécifiquement traitées par la voie magnocellulaire-dorsale (MD) – est atteinte chez les enfants présentant une DD, comparés avec des contrôles pairs d’âge ou pairs de niveau de lecture. Nous testons ensuite la spécificité de l’effet DCDC2d sur la voie dorsale. Les enfants présentant une DD et une DCDC2d on besoin de significativement plus de contraste pour traiter les mouvements illusoires, comparés aux enfants ne présentant pas de DCDC2d et à des contrôles pairs d’âge ou pairs de niveau de lecture. Quelle que soit la génétique, les enfants présentant une DD ont une performance normale dans les tâches parvocellulaires-ventrales. Enfin, nous montrons que la DCDC2d est aussi associée avec la perception des illusions de mouvements chez l’adulte normo-lecteur montrant que le déficit MD est un facteur de risque potentiel d’ordre neurobiologique de la DD plutôt qu’un simple effet du trouble de lecture. Nos découvertes montrent, pour la première fois, qu’un désordre neurocognitif spécifique touchant la voie MD est lié avec une susceptibilité génétique bien définie.

Le déficit de traitement visuel du mouvement n’est pas une cause de dyslexie

D’après l’article :

 Abnormal Visual Motion Processing Is Not a Cause of Dyslexia (OLULADE, 2013)

Le traitement visuel anormal du mouvement n’est pas une cause de dyslexie

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La dyslexie se manifeste aussi dans le système visuel dorsal [souvent désigné comme voie du « où »] à prépondérance magnocellulaire. On ne sait si c’est une cause ou une conséquence de la dyslexie. On montre dans cette étude que l’activation de la zone V5/MT est corrélée à l’habileté de lecture chez les normo-lecteurs et que cette zone est sous-activée chez les dyslexiques, par rapport aux normo-lecteurs de même âge. En revanche, on montre aussi que l’activation de V5/MT est la même chez les enfants dyslexiques que chez les normo-lecteurs de même niveau de lecture. Ce qui suggère que cette faible activation n’est pas une cause de la dyslexie.

Pesticides, plastiques etc

Les perturbateurs endocriniens coûtent plus de 150 milliards d’euros par an à l’Europe : voir l’article du journal Le Monde ici.
La recherche à l’origine de cet article : Estimating Burden and Disease Costs of Exposure to Endocrine-Disrupting Chemicals in the European Union. Voir ici.

Les principaux effets relatés dans cette recherche sont (voir l’étude pour le détail et la précision) :

  • déficience intellectuelle et baisse de QI : 
  • 13 millions de points de QI en moins en Europe –
  • +60 000 cas de déficience intellectuelle – produits : PBDE’s (retardateurs de flamme bromés) et pesticides organosphorés – probabilité d’en être la cause : 70 à 100% –
  • TDA-H : +20 000 à +30 000 cas/an – produits : divers – probabiité d’en être la cause 20 à 69%
  • infertilité masculine : +600 000 fécondations assistées par an – produit : phtalates – probabilité d’en être la cause : 40 à 69%
  • baisse du taux de testostérone chez les hommes entre 55 et 64 ans : 24000 morts/an – produits : phtalates – probabilité que d’en être la cause : 40 à 69%
  • obésité/diabète : 54000 cas d’obésité et +20000 cas/an de diabète chez les femmes,
  • obésité infantile : +42000 cas/an d’obésité infantile – produit : bisphénol-A – probabilité d’en être la cause : 20 à 69 %

Apprendre le vélo

Pour les petits entre 2 et 4 ans, la draisienne est une très bonne initiation à l’équilibre en vélo.

C’est un vélo que l’enfant propulse en utilisant ses pieds puisqu’il n’y a pas de pédales. Peu à peu il sait prendre de la vitesse et commence à relever ses pieds pour faire de courtes distances en équilibre. Avec l’expérience, il sait faire plusieurs mètres, voire une descente douce – la draisienne a un frein qui permet de maîtriser la vitesse.

Decathlon propose un modèle à 40 € environ, bleue pour garçons, rose pour filles.

 

Il peut aussi être avisé d’investir dans un modèle évolutif pour 2 à 5 ans qui, une fois l’équilibre acquis, permettra de passer directement au vélo en fixant les pédales, sans passer par l’étaape des petites roues ! C’est plus cher : environ 120 €.

Voir tous les modèles de draisienne de Décathlon.

Voir des modèles variés de draisienne enfant (GoogleImage)

 

Propositions psychomotrices

Quelques propositions formulées à partir des fiches de lecture.

Des cartes spatiales pour le contrôle du mouvement

Utiliser la multimodalité visuelle, auditive, tactile instantanée ou mémorielle pour des jeux moteurs de déplacement de différentes parties du corps (pour chaque partie du corps, il  y a une carte spatiale des positions, centrée sur cette partie, qui en permet le guidage) : la main, la tête… Jeux : toucher un objet avec différentes parties du corps, éviter un objet pour en toucher un autre…  Epreuves : Rechercher d’éventuelles difficultés de guidages pour certaines parties spécifiques, mouvements d’un type particulier (cf ci-dessous). Rechercher des difficultés de guidage avec certains stimuli.

La stimulation du cortex moteur (cortex moteur primaire, cortex prémoteur et l’aire motrice supplémentaire) et des aires visuelles (frontale et supplémentaire) provoque des mouvements qu’on peut cartographier de trois façon différente. Ce sont les suivantes (dans l’ordre décroissant de pregnance) :

  • la somatotopie musculaire (représentation classique de l’homonculus de Penfield),

  • le type de mouvement (sur stimulation corticale plus longue). Chez le singe : fermer la main en préhension en la portant à la bouche et ouvrir la bouche, étendre la main ouverte loin du corps comme en préparation de la saisie d’un objet ; ramener la main vers soi jusqu’à une région devant la poitrine tout en positionnant les doigts comme pour manipuler un objet ; froncer les muscles de la face tout en tournant brusquement la tête d’un côté et en projettant son bras vers le haut, comme pour protéger la face d’un impact imminent ; et mouvoir les 4 membres comme pour sauter, grimper ou s’engager dans d’autres mouvements de locomotion complexes

  • la position dans l’espace qui est la cible du mouvement – c’est pour la main que cette cartographie est la plus claire

Le cortex code plusieurs cartographies. Un désordre local a des conséquences dans ces trois dimensions.

Les catégories d’actions du singe choisies par Graziano sont :

  1. mouvements de la main à la bouche,
  2. manipulation d’objets dans l’espace central,
  3. geste d’atteinte pour saisir,
  4. mouvements défensifs (incluant à la fois le retrait du bras et les mouvements défensifs faciaux),
  5. mastication,
  6. agrippement de la main vers le bas,
  7. déplacements exploratoires du regard,
  8. mouvements complexes de locomotion tels que grimper.

Les 12 parties du corps du singe retenues par Graziano sont :

  1. Langue
  2. Lèvres
  3. Machoires
  4. Haut du visage
  5. Yeux
  6. Cou
  7. Main
  8. Bras
  9. Torse
  10. Queue
  11. Jambe
  12. Pied

En psychomotricité, on peut s’intéresser à :

  • la variation de performance de la motricité manuelle dans les différents types d’activités psychomotrices retenues par Graziano, ou les différents secteurs de l’espace,
  • la variation de performance selon l’implication d’un segment corporel (gérée par dans la zone appelée cortex moteur primaire) ou de plusieurs (gérée dans la zone appelée cortex prémoteur, qui implique souvent la musculature axiale) – rq. il n’y a pas, selon Graziano, de hiérarchie entre cortex moteur primaire et cortex prémoteur, mais une fonction différente [on peut imaginer que le prémoteur module le moteur primaire, ou le coordonne puisque les cellules pyramidales sont plus petites]
    Ex. dans le cortex « prémoteur » : Les gestes d’atteinte impliquent la main, le bras, le torse. Grimper implique le cou et le torse qui connectent tête, bras et jambes. La main à la bouche implique le cou.

 

Noter aussi que, chez le singe,  l’aire motrice des mâchoires recouvre celle des lèvres qui recouvre celle de la langue.